lundi 17 juin 2013

I do love you, I do miss you.


L'amour, ça va, ça vient, on aime, on déteste, on baigne dans le bonheur, on se dispute, on se réconcilie, on se sépare, on se rabiboche, on s'aime à nouveau etc... On peut souffrir de nos peines de coeur mais on retombe toujours sur nos pattes, le temps efface les souvenirs, le temps efface la douleur. Il y a un type de douleur qui reste encrée dans nos coeurs, à vie.
Hier, j'ai eu l'impression d'être égoïste, je n'ai pensé qu'à mes peines de coeur d'adolescente. Je n'avais que Léandre en tête, le jour de la fête des pères, je ne pensais qu'à Léandre.

Je rigole de tout, vraiment. J'ai voulu mettre un statut Facebook disant "Je sais pas ce que vous avez acheté à votre père pour sa fête mais perso, je lui ai pris du vermifuge !", glauque n'est-ce pas ?
J'ai donc placé cette "blague" dans un statut, je voyais déjà une pluie de remarques, de critiques et de leçons de morale si j'avais mis ça en statut.
Ce soir là, un ami m'a dit qu'il n'avait pas vu son père depuis 3 ans... J'ai eu mal au coeur pour lui mais pas que... Le plus "drôle" dans tout ça, c'est que peu de temps avant, il m'avait dit "Bon deuil." en me parlait de Léandre.

A 42 ans, mon père est décéd, j'avais 11 ans. 

Le téléphone a sonné, mon frère a décroché, en raccrochant, il nous a annoncé la mort de mon père, ma grand-mère parlait vietnamien, on a pensé que mon frère avait mal compris, on en rigolait. Quand ma mère est rentrée le soir, mon frère lui a annoncé, elle a appelé ma grand-mère et elle s'est mise à pleurer. Mon père était réellement mort.
Ils étaient séparés depuis bien longtemps, ma mère le détestait mais elle pleurait pour nous, ses 3 enfants qui perdaient leur père.
Nous ne le voyions pas souvent, je ne comprenais pas trop, j'étais triste mais pas vraiment consciente de ce qu'il se passait, je n'ai pas pleuré. Ma mère nous a dit qu'il était mort d'une crise cardiaque, elle ne voulait pas dire à ses "bébés" que leur père alcoolique était mort étouffé dans son propre vomis. On ne l'a appris que bien plus tard mais pas de sa bouche, aujourd'hui encore, elle nous dira qu'il est mort d'une crise cardiaque.

Nous sommes allés à Limoge, on nous proposé de voir le corps de notre père, pour ma mère, c'était hors de question et je ne pense pas que j'aurais supporté de le froid, inanimé, sans vie.
L'enterrement à eu lieu, il m'a paru durer une éternité, j'avais mal au coeur, très mal, je ne pleurais pas mais mon coeur se resserrait, je jetais toujours un coup d'oeil sur ma soeur et mon frère pour voir leur réaction.
Les larmes ont fini par couler, j'avais honte, je me sentais honteuse de pleurer aux yeux de tous. Vous savez, quand vous êtes jeunes et que vous découvrez vos larmes, les vraies larmes de tristesse, pas les larmes de comédies, drôle de comparaison mais c'est comme un premier orgasme, on en a honte.

Je ne voyais pas très souvent mon père, toutes nos vacances d'été, nous les passions en famille d'accueil et une fois de temps en temps chez mon père à Limoge.
L'été où il a perdu la vie, ma mère m'avait demandé si je voulais passer les vacances chez lui, je lui ai dit que non, j'étais gamine, je me disais que je m'amusais mieux dans ma famille d'accueil habituelle, à la campagne, il y avait mes petits chatons, j'avais même le mien que j'avais appelé "Neige", c'était une grande famille, on avait toujours les copains pour s'amuser...
Mon père n'avait pas beaucoup d'argent, je m'ennuyais quand j'allais le voir, le manque d'activité et de copains ne me donnait pas envie d'aller chez lui.
J'y pense très souvent, je m'en veux et m'en voudrai toujours de ne pas avoir voulu voir mon propre père juste avant sa mort, parce que j'ai été égoïste et je ne me suis même pas dit que peut-être, il avait envie de passer du temps avec ses enfants. Je m'en veux aussi tout simplement parce que je ne voulais pas le voir, sans parler de sa mort. Quand j'en avais l'occasion, je ne me voyais pas alors que certaines personnes aimeraient passer du temps avec leur père, certaines personnes  ne le voient pas, pas par choix.

Aujourd'hui, je voulais te dire à toi, le plus beau des papa, que je m'excuse,  que tu me manques,  que je t'aime et t'aimerai toujours, jamais je ne t'oublierai, repose en paix parmi les ange.


Blink 182 - I miss you
(Cette chanson, c'était l'une de nos chansons avec une amie décédée, c'est elle qui me l'a fait connaître, décidément...)
Sur ce, je pars me faire coiffer par ma princesse maquilleuse à. BFM, trop la classe hein. !

4 commentaires:

  1. C'est tellement triste... Je suis tellement désolée pour toi... ♥
    Je suis en train de pleurer. Je suis triste pour toi, pour les choses que tu aurais voulu vivre avec lui, que tu aurais voulu lui dire, ...
    Je ne sais pas quoi dire. En ce moment, je n'arrive pas à... Je ne sais pas. Je n'arrive pas. C'est pareil pour Antoine. Je l'écoute parler, mais je ne dis rien. À part que je suis désolée.
    Et c'est vrai, je me sens désolée par rapport à vous. C'est atroce, malheureusement...
    En tout cas, si tu veux parler, tu sais où me trouver, Lumi. ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Raaaaah non, faut pas se mettre dans ces états ma miette :( T'inquiète pas pour moi, t'es toujours là pour moi ! ♥

      Supprimer
  2. Ma petit bichette,
    Je viens de voir ce post; tu n'as pas à te sentir coupable tu sais; avoir envie d'être avec ses copains plutôt que ses parents, c'est normal pour les enfants. Leur bonheur, les joies passent avant ceux des grands, et c'est comme ça que se doit être.
    Alors oui ton papa aurait surement aimé passer du temps avec vous, mais il devait tout de même être tellement heureux que ses petits aient la chance de passer du bon temps, dans un environnement agréable, insouciants comme les enfants doivent l'être.

    Je suis désolée, pour la petite fille que tu as été, et pour la jeune femme que tu es devenue qui a du apprendre à vivre sans ça...

    RépondreSupprimer